Mes compétences sont-elles transposables ?
Par Patricia GOYENETCHE le vendredi 13 juillet 2007, 09:08 - présentation - Lien permanent

Pour mieux comprendre l'apport de mon expérience professionnelle sur mon projet professionnel, j'ai décidé à travers plusieurs articles d'effectuer des comparaisons. Cela peut ainsi permettre de gagner du temps, lorsqu'on n'a aucune connaissance du métier antérieur. Ce premier volet porte sur mes techniques de management acquises sur le terrain.

Hier, j'ai abordé de manière générale ce qui pouvait être une cause de rejet de mes nombreuses candidatures. Suis-je discriminée ? oui, un peu tout de même, mais je considère qu'il s'agit avant tout de l'ignorance des compétences acquises au cours de mes quinze années. Je vais donc à présent tenter de les présenter et montrer en quoi elles sont des points forts pour une entreprise ou faibles.
Compétences en management
En tant que sous-officier, j'ai donc été formée avec une double casquette : celle de chef et celle de technicien. Que cela signifie-t-il ?
Un bon chef est un leader naturel
Nous recevons dès notre entrée à l'école une formation sur les risques auxquels nous sommes exposés. Ces risques impliquent la vie des hommes que nous allons devoir commander tout au long de notre carrière. On est donc immédiatement sensibilisé au respect de l'être humain qui va combattre à nos côtés. Il est considéré comme notre principal protecteur et à ce titre, nous lui devons la même protection. Cette valeur très forte de la vie, nous oblige à prendre en grande considération la notion de cohésion. Nous devons être solidaire et ceux quelques soient les situations. Aussi, pas besoin de payer sa protection, on n'achète pas un homme, mais il faut savoir obtenir la confiance de son partenaire. Ce n'est pas le travail le plus facile, mais c'est en tout cas, le plus efficace. Cette cohésion installée, le chef se doit d'être vigilant, attentif, protecteur, défenseur de son équipe. Le moindre problème entraîne le déséquilibre de la cohésion.
J'ai eu l'occasion de travailler avec une section de 30 appelés. Le groupe était très hétérogène puisqu'il comprenait des individus allant de l'analphabète au bac + 5. Autant dire, que créer une cohésion n'était pas du tout évident. Les autres sections étaient elles homogènes. Nous devions préparer nos hommes à l'examen initial. Nous avions 1 mois devant nous pour parvenir à créer cette cohésion tout en les formant. C'est avec beaucoup de détermination et d'entraide que j'ai emmené l'ensemble de ma section à se surpasser et à former une cohésion si forte, qu'ils ont terminé premier. Les analphabètes ont été pris en charge par les plus diplômés pour la préparation des épreuves écrites. Les plus sportifs accompagnaient les plus faibles. Résultat, ils ont terminé premier. Le coût pour moi et pour l'Armée s'élève au temps accordé pour comprendre mes hommes, développer une stratégie de cohésion sans utiliser le système de récompense ou punition.
Je pense que cette expérience (et ce n'est pas la seule à mon actif) s'adapte parfaitement au besoin d'une entreprise. J'entends souvent des cadres proposer une compensation financière pour amener leur personnel à fournir plus de travail. Mais cela n'aboutit pas toujours. A cette époque, je n'étais pas en mesure d'en expliquer le processus. Aujourd'hui, de par la formation que j'ai suivie en psychologie, je suis à même de l'expliquer et de le reproduire sans problème.
un bon chef est un bon technicien
Connaitre le domaine d'activité est un élément très important pour commander un groupe. D'une part cela permet de bien organiser son travail, mais aussi de trouver des outils pertinents à l'amélioration de la productivité. Dans l'armée, on n'est pas vraiment sensibilisé à la productivité. Nous n'en avons pas besoin. En revanche, nous sommes sensibilisés au lien fort qui nous unit avec le reste de l'organisation militaire. Nous sommes donc toujours soucieux de laisser les traces des actions menées et de rendre compte de tout ce que nous faisons. Toujours cet esprit de cohésion qui dirige nos actes. Si nous tenons correctement informer notre hiérarchie et nos collègues de nos activités, dans la limite imposée par la confidentialité des missions, nous serons toujours prêts pour parer toutes crises éventuelles. Nous avons donc tous une spécialité qui nous confère une connaissance de base indispensable au bon fonctionnement de notre institution. Pour ma part, je suis spécialisée dans le domaine de l'administration. Cela regroupe la gestion ressources humaines (nommé chancellerie dans l'armée), le secrétariat et la comptabilité. Ces fonctions sont similaires à celles pratiquées en milieu civil. Les supports sont, quant à eux, différents puisque nous avons un statut particulier et des règles de fonctionnement propres. Nous avons une "bible" identique au code du droit du travail. C'est aussi un texte de loi. Des décrets, des arrêtés ou des circulaires nous dictent comment nous devons gérer nos personnels. Rien de bien différent à une entreprise a priori, si j'en crois les personnels civils de la défense. De plus, peu de cadre connaisse par cœur le contenu du code du travail, ils n'en connaissent que les grandes lignes. J'ai eu l'occasion de le vérifier, lors du passage au 35 h. J'ai mis en place un dossier d'organisation du service technique de mon époux. Pour ce faire, j'ai pris connaissance du code du travail et de la convention collective relative à son métier. Je possédais aussi les politiques générales d'aménagement prévue par la société. Mon objectif était d'obtenir une personne supplémentaire. La synthèse de tous ces éléments associé à un audit sur l'activité de mon époux, m'a permis d'effectuer cette demande et d'obtenir gain de cause. Bien sûr, ce travail ne faisait pas parti de mon expérience professionnelle à proprement parler, mais, j'ai toujours maintenu un lien avec l'évolution du secteur civil. Ainsi, je possède aussi la connaissance du code du travail. Certes, je ne peux prétendre la connaissance absolue, mais largement suffisante pour savoir chercher là où il faut.
Conclusion
Mes connaissances militaires en matière de management et mon ouverture liée des activités extra professionnelles me permettent d'adapter rapidement mes compétences au besoin de l'entreprise. J'ai même perfectionné ces connaissances par une formation en psychologie sociale pour pouvoir réitérer mes actions et permettre tant à mon employeur qu'à mes subordonnés d'obtenir satisfaction dans leur travail. Cela prend en compte, le climat social de mon équipe qui dans ce contexte est favorisée.
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