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La communication non-verbale est définie par Martin Winckler comme "le fait d’envoyer et de recevoir des messages sans passer par la parole mais au moyen des expressions du visage, des postures, des gestes, de bruits divers. Les choix vestimentaires, la coiffure, la position du corps, le maquillage, les mimiques sont tous des éléments de communication non verbale".

Ferdinand de Saussure (1857 - 1913), fondateur de la linguistique, distingue formellement les signes liés au langage (parole) et les autres signes qu'il regroupera dans la catégorie "non-verbale". Cette distinction est toujours utilisée et les études se réfèrent à l'une ou l'autre des catégories. La domination de l'une par rapport à l'autre viendrait à dire que nous maitrisons toutes nos communications tant verbale que non-verbale. Ce qui n'est pas le cas. J'aurai l'occasion de revenir sur la communication verbale. Ce qui nous intéresse ici, c'est la communication non-verbale.

Les signes innés

Une des études fondamentales de la communication non-verbale a été de décrire l'origine des signes dit "non-verbaux". Le premier savant qui ait étudié le langage non verbal ou langage corporel, c’est Darwin (1809-1882)- auteur de "l’évolution des espèces". Les messages non-verbaux sont émis et perçus par des centres nerveux très archaïques, hérités de nos ancêtres reptiliens. Ce qui explique que nous communiquions de manière non-verbale en toute inconscience, et que certains gestes soient, sinon universels, du moins très répandus, car implantés dans le système nerveux de tous les humains. Exemples :

  • le hochement de tête d’avant en arrière qui signifie l’affirmation, la compréhension ou l’approbation est hérité de mouvements qui existent chez le lézard pour affirmer leur présence. Et on le retrouve parmi presque tous les peuples de la planète. On dit oui par un hochement de tête d’arrière en avant. Tandis que le hochement de tête approbatif, qu’on fait pendant que quelqu’un parle, se fait d’avant en arrière.
  • Les bébés, même aveugles, tournent la tête pour refuser le sein ou pour marquer le fait qu’ils ne veulent pas être touchés. Les primates signifient eux aussi la désapprobation en détournant la tête ou en la secouant.

Les signes acquis

Les études sur le développement humain et l'apprentissage montre que dès l'enfance notre apprentissage débute par de l'imitation. Nous reproduisons ce que nous voyons. Les premiers modèles de référence sont les parents et la famille. Nous communiquons avec nos bébés en utilisant un ensemble de signe qui va permettre à l'enfant de comprendre ce que nous voulons lui dire. L'apprentissage du langage n'est possible qu'à partir d'un an où l'enfant est en mesure d'associer un son à une signification. Exemples :

  • Froncer le sourcil est une manifestation de colère, de concentration, de déplaisir, ou de réflexion. Dans les maternelles, on observe que les enfants froncent les sourcils juste avant de sauter sur celui qui les embête.
  • A l’inverse, le haussement des sourcils, qui fait écarquiller les yeux, accentue l’expression de la bouche que les lèvres soient pincées de colère ou plissées par un sourire.
  • Ai-je besoin de dire que le sourire est un symbole universel ?

Emploi des signes

Nous avons acquis un nombre impressionnant de signe qui ont toute une signification bien précise. On peut distinguer les signes "universaux" des "signes culturels". Les signes universaux nous permettent de communiquer partout dans le monde. Cela permet de passer outre la barrière de la langue. C'est le cas par exemple pour demander à manger, à boire ou un hôtel par exemple, mais aussi le mouvement de la main pour dire bonjour, interpeler quelqu'un, faire du stop, etc. Et puis, il y a des signes que l'on veut interpréter comme étant "communicatif". J'ai recueilli un certain nombre d'interprétation de signes non-verbaux, que je vais commenter par rapport aux avancées scientifiques actuelles.

  • Le clignement des yeux : normalement, on cligne des yeux une vingtaine de fois par minute, et chaque mouvement des paupières dure un quart de secondes. Si ce mouvement de clignement ou de battement des paupières s’accélère, cela signe une excitation, un stress. Lorsqu’on pose une question à une personne, si elle se met à battre des paupières juste avant de répondre, cela signifie que la question l’inquiète... et peut-être aussi qu’elle va mentir. Cette corrélation peut être réfutée. Elle est du même ordre que les corrélations faites sur le détecteur de mensonge. La physiologie de chaque individu impose une adaptation par rapport à son bien être personnel. C'est le principe d'homéostasie.
  • Il y a aussi le geste de pencher la tête sur le côté : chez le jeune enfant, c’est plutôt un signe de timidité ; chez l’adulte, homme ou femme, c’est un signe de séduction ; et il semble les femmes inclinent la tête sur le côté beaucoup plus que les hommes... ce qui rend les hommes qui inclinent la tête de côté irrésistibles, parce qu’ils sont rares... S'il existe un sens à ce geste, il devrait se poursuivre tout au long de notre existence. Or ce n'est pas le cas. Sa signification même évolue au fil du temps. Elle ne peut donc pas être tenue pour "significative".
  • La position que l’on adopte assis est elle aussi significative. Les hommes manifestent leur inconfort ou leur nervosité en changeant de position sans arrêt sur leur chaise, tandis que les femmes manifestent la même chose en restant assises sans bouger. Si cette interprétation était fiable, elle prendrait en compte les différences de personnalité. Un flegmatique (homme ou femme) vont maîtriser leur gestuel pour rester le plus à l'écart possible, manière pour eux de mieux percevoir une situation. En revanche, les sanguins (homme ou femme) voudront à tout prix réagir et bouger dès qu'une situation leur est inconfortable. Il n'y a donc pas de différence "homme ou femme", mais plutôt un choix lié à la personnalité de l'individu. Par contre, le choix d'une tenue vestimentaire, la manière de se maquiller, le choix du parfum, etc sont autant d'indices qui permettent de situer un individu du point de vue social. Cela ne signifie pas qu'il est introvertie ou extravertie, mais simplement qu'il appartient à un groupe auquel il s'identifie. Les signes apparents sont pour lui le moyen de mettre en évidence cette appartenance.

Conclusion : Nous utilisons couramment la communication non-verbale, elle vient pour appuyer nos propos, ou nous permettre de communiquer sans avoir le barrage des langues. Il existe aussi le "langage des signes" qui permet au sourd et muet de communiquer entre eux. Ce langage a plus de signification que le fait de vouloir à tout prix trouver une explication à des gestes qui sont parfois simplement liés à une recherche de bien être vital. Il existe des signes qui sont porteurs de sens réel (regard vers le ciel, hochement de tête, etc) et d'autre qui n'ont aucun lien. Savoir faire la différence permet de ne pas perdre sa propre personnalité tout en étant conscient de l'existence de telles interprétations. Les ignorer serait mettre à l'écart le faible pourcentage de personne qui ont adopté ces significations et qui les utilisent pour vous juger. Il est donc important de connaitre leur existence. Ensuite, libre à vous d'en adopter ou non les significations.

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