)ligne de séparation


Qu'est-ce que la communication ? D'une manière générale, la communication est un moyen d'échanger des informations. Nous créons un contrat de communication dans lequel nous fixons les enjeux. Dans une situation d'évaluation, telle que nous la rencontrons dans l'entretien de recrutement, nos enjeux sont à la fois identitaires et substantiels, où la mise en scène d'une image de soi positive est contractuellement requise et la production discursive de l'évalué y est guidée par un modèle supposé doté de valeur sociale. Les paramètres des composantes du contrat vont orienter l'évaluer vers une certaine lecture de la situation plutôt qu'une autre.

Les composantes de ce contrat

Si nous souhaitons comprendre comment nous fonctionnons lors d'un entretien, il est indispensable pour nous tous de parler le même langage et de définir dès les départs nos orientations. Ce contrat est souvent implicite, et peu de gens en sont réellement conscient. Ce qui explique les nombreux malentendus.

Pourquoi parler d'un contrat de communication ? parce que nous nous engageons mutuellement à répondre et poser des questions quelque soit l'interlocuteur. Au-delà du schéma de communication tel que décrit par Shannon et Weaver, nous considérons qu'il n'y a pas qu'une liaison entre un émetteur et un récepteur, mais bien des rôles identiques qui s'adaptent au cours de l'échange. En se sens, il y a interaction, c'est-à-dire que chaque individu va exécuter un certain nombre de tâche pour identifier les intentions de l'interlocuteur et tenter de fournir la réponse attendue.

L'enjeu

Dans chaque contrat écrit, nous mentionnons les missions ou objets qui justifient la mise en place d'un engagement de deux ou plusieurs parties. En matière de communication, nous abordons de la même manière nos échanges même les plus anodins. En sommes nous conscient, non pas toujours, et pourtant, nous le faisons systématiquement.

L'enjeu est une mission ou un but que nous mettons en commun avec notre ou nos interlocuteurs. Nous allons donc discuter sur un objet ou réaliser un acte ensemble. Selon Bromberg, c'est la nature de l'enjeu qui permet d'identifier un domaine de pratique sociale, et donc de faire reconnaître le contrat. En entretien de recrutement l'enjeu est constitué par l'existence d'un poste à pourvoir - la position des deux partenaires étant différente face à cet enjeu.

Les composantes de l'échange (Charaudeau, 1989)

Il existe de nombreux auteurs qui ont essayé d'expliquer les méthodes de communication. A chaque fois, les références s'appuient sur la structure ou des méthodes susceptibles de favoriser l'échange. Mais il existe peut de chercheurs qui se sont véritablement intéressés à tous ces facteurs qui influence notre conversation et notre comportement. N'avez-vous jamais modifier votre manière de parler lorsqu'une personne étrangère rentrer dans une pièce ? et bien, Charaudeau, c'est lancé en 1989 dans la description des composantes de l'échange. Elle comprend 3 niveaux :

Le niveau situationnel

Le niveau situationnel peut être définit comme spécifique à la situation d'action : on est là pour dire/faire quoi ? c'est -à-dire quels sont les buts poursuivis. Ils ne sont pas, contrairement à l'enjeu, commun entre les deux interlocuteurs. Pour le recruteur, il s'agit donc de recruter le meilleur candidat, et pour le candidat d'être choisi. On peut élagir la description de ce niveau à partir des composantes - interactionnelles : l'entretien se déroule avec la présence physique des interlocuteurs, en face à face, par oral et de manière interlocutive (dialogue). - psychosociales : dissymétrie statutaire où le recruteur a une position supérieure par rapport au candidat. Cette supériorité n'est pas fondée sur la hiérarchie des compétences professionnelles, mais sur les rôles respectifs. De plus, s'il n'y a pas d'interconnaissance préalable, l'un dispose d'informations (CV, résultats de tests, etc.) sur l'autre. Les rôles sociaux-institutionnels sont définis par la relation d'évaluation : le candidat s'engage à fournir les informations nécessaires à son évaluation et qui lui sont demandées (a priori dans certaines limites, juridiquement établies), et le recruteur s'engage à requérir ces informations.

Le niveau communicationnel

C'est le contrat de parole. Le recruteur a un rôle de questionnement (lequel suppose une position d'autorité prédéfinie), et le candidat à un rôle de répondant. Ce niveau comprend une composante intercommunicationnelle avec : - une alternance de la parole, sous la forme question/réponse, avec un capital verbal plus important pour le candidat. - un échange structuré par plusieurs séquence thématique : motivation du candidat, autodescription personnologique (qualités/défauts) - des séquences où la répartition du capital verbal peut être modifiée : informations complémentaires fournies par le recruteur sur le poste (avec invitation du candidat à poser des questions qu'il souhaite sur le poste), suites éventuelles.

Le niveau discursif

C'est là où ce définissent les comportements énonciatifs et énoncifs en correspondance avec les rôles communicationnels. Comportements énonciatifs : énonciations majoritairement allocutive de la part du recruteur, et pas, a priori, de la part du candidat. Comportements énoncifs : domination énoncives essentiellement narrative pour le candidat et plutôt argumentative, avec une énonciation marquée, pour le recruteur.

Conclusion : Pour comprendre ce qui se passe dans un entretien de recrutement, et proposer des éventuelles solutions il serait donc intéressant de manipuler ces composantes pour mieux comprendre leur impact sur les comportements du recruteur et du candidat. A partir des résultats obtenus, vous aurez les éléments qui vous permettrons de mieux vous comporter que ce soit en tant que recruteur qu'en tant que candidat.

Le deuxième volet portera sur : "Faire bonne figure" : enjeux identitaires et modèle normatif