Management des risques psychosociaux
Par Patricia GOYENETCHE le vendredi 22 février 2008, 11:47 - divers - Lien permanent
Léna Godefroy, coach et fondatrice du cabinet Keep Coach, a signé un article traitant du "management des risques psychosociaux dans votre organisation". Etant de formation en psychologie sociale, je me suis demandée comment ce problème pouvait bien être abordée. Je crains malheureusement qu'il y ait là un détournement du sens même de l'adjectif "psychosocial" par ces professionnels non formés à la psychologie sociale.
Les risques psychosociaux sont dans cette article évoqués en référence à deux domaines scientifiques qui sont la psychologie et plus particulièrement son sous-domaine qui est la psychologie clinique (étude des états psychologiques) et la sociologie qui étudier les représentations collectives d'un groupe.
Que ce passe-t-il alors dans les analyses qui vont être menées ? Les psychologues cliniciens vont relever les différents symptômes précurseurs d'une déviance. En parallèle, les sociologues vont étudier le groupe dans lequel sera observé le phénomène. On obtiendra alors une typologie de risques susceptibles d'entrainer le stress, la dépression ou encore le harcèlement moral. On pourra alors identifier les facteurs agissant sur ces phénomènes. Seulement, ces domaines n'auront pas décrit les processus en cause, mais seulement une interprétation d'une relation de cause à effet probable entre une représentation et un état psychique.
La psychosociologie n'est pas cette association. Elle est la seule science capable de mesurer les flux qui génèrent ces états en tenant compte des études des psychologues cliniciens et des sociologues. Depuis 1960, la psychologie sociale décrit et prédit des comportements. Prenons l'exemple de la soumission librement consentie, elle est bien souvent présente dans ces situations. Qui des psychologues cliniciens et sociologues sauront prédire que dans cette situation l'individu s'impose des règles qui ne lui sont pas demandées. Qui de ces spécialistes sauront proposer le remède pour éviter ce cercle vicieux.
Je respecte ces domaines de spécialité car ils sont utiles à la description des facteurs qui interagissent sur nos comportements. Mais il serait tout aussi appréciable que ce respect ne soit pas à sens unique. Pour lutter contre ces phénomènes de plus en plus croissant dans les entreprises, il serait sage de réunir les trois domaines, et non se satisfaire de deux disciplines qui non pas pour fonction de décrire ces flux.






Commentaires
... Pour en avoir largement débattu avec toi, je pense effectivement, sans toutefois tomber dans des soucis de sémantique, que l'intelligence collective justement au service du collectif, ne pourra être à terme qu'un avantage... D'autant que la France a accumulé un retard considérable dans ce domaine et je ne pense pas que 400 suicides par an relèvent du simple phénomène de mode...
ton commentaire suit mon billet, si ce n'est l'importance que tu accordes à un "souci de sémantique". A priori, rien de grave, si ce n'est que c'est une minorité qui est en train de lancer ce faux sens. Que cette minorité à le pouvoir de répéter aisément cette erreur. Et qu'au final, elle va devenir la valeur consciente et de référence de tous les salariés. Ensuite, il faudra des années pour amener un changement à cette représentation. Pendant ce temps, les spécialistes ne seront pas reconnus à leur juste valeur.
C'est aussi de la même manière que naissent les conflits sociaux dans les entreprises.
je suis bien d'accord avec toi sur le fait que 400 suicides dans l'année n'est pas un phénomène de mode. Ce sont-ils suicidés dans l'entreprise ou chez eux. Y a-t-il un lien direct avec l'entreprise ou cela touche aussi la vie privée ? je n'ai pas ces réponses. La seule chose que je peux voir c'est un sens unique des témoignages médiatiques, et des syndicats qui veulent faire payer l'entreprise. Où est la vérité ?